La part qui nous revient

Par François Beaudreau

La presse écrite traditionnelle continue de subir les contrecoups de la fuite des revenus publicitaires. La situation des médias écrits numériques n’est guère plus enviable à l’heure actuelle.

Les revenus qui découlent de la publicité sont, pour la plupart, drainés vers les plateformes de géants comme Google et Facebook. À eux seuls, ils accaparent plus de 70% des recettes de publicité en ligne, soutient Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications, la FNC-CSN.

Le ton est donné jusque dans nos instances gouvernementales. En 2015 – 2016, les placements dans des médias nationaux et internationaux par le gouvernement fédéral se sont élevés à 30,3 millions de dollars. De ce montant, près de la moitié, soit 15,3 millions de dollars, est allouée à la télévision. Le tiers du budget est dédié à l’Internet, pour un total de 10,3 millions. La part des journaux hebdomadaires et communautaires est de 1,2 million. Celle des journaux quotidiens et nationaux est de 513 120 $. [1]

Malgré ce virage dans l’attribution des placements publicitaires, dans le domaine des médias écrits numériques, on n’a pas trouvé un modèle d’affaires viable qui permette de retenir une portion suffisante de ces recettes afin de soutenir la production d’une information de qualité.
Dans ces conditions, entamer le virage numérique sans perspective de revenus revient à rouler en voiture avec des pneus d’été sur une chaussée glacée.

Alors la presse écrite se tourne vers nos gouvernements – ceux-là même qui la pressent de prendre le virage numérique – pour espérer une bouffée pendant que tous peinent à trouver une solution.

Dernièrement, Ottawa a fait écho aux doléances des médias écrits. Dans le prochain budget du fédéral, une aide financière pourrait leur être destinée. La FNC-CSN propose que cet appui financier prenne la forme d’un crédit d’impôt sur la masse salariale. Cette solution n’avantage guère les médias écrits communautaires, lesquels s’appuient sur les efforts de nombreux bénévoles.

À l’heure actuelle, il est important de rappeler au gouvernement du Canada l’importance de produire cette information de première ligne, proche de nos communautés, comme nous le faisons.

C’est pour cela que, quelques semaines avant la présentation du récent budget fédéral, nous rappelions à la ministre du Patrimoine canadien le rôle essentiel tenu par les médias communautaires écrits du Québec.
De plus, nous persistons à réclamer un accès juste et équitable au placement publicitaire de la part du gouvernement fédéral. Actuellement, les médias membres de l’AMECQ n’en reçoivent pas du tout. Ces demandes ont été envoyées à la ministre Mélanie Joly, le 2 février dernier (Voir la lettre à la ministre plus bas).
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1. SERVICE PUBLICS ET APPROVISIONNEMENT CANADA. Planification et achats dans les médias – Rapport annuel de 2015 à 2016 sur les activités de publicité du gouvernement du Canada. [en ligne]. https://www.tpsgc-pwgsc.gc.ca/pub-adv/rapports-reports/2015-2016/medias-media-fra.html [page consultée le 13 février 2018].

 

Lettre à la ministre