Vincent Di Candido, Échos Montréal, Montréal, février, 2025
Serait-ce un cas de « vaut mieux tard que jamais » ? toujours est-il que la mairesse de Montréal Valérie Plante semble avoir de bonnes intentions pour précéder son départ très prochain et finir son deuxième mandat avec un peu plus de panache.
Il faudra évidemment attendre de confirmer si les réelles actions suivent les vertueuses paroles, d’autant plus qu’elle ne souhaite toujours pas répondre aux nombreuses questions des journalistes, son cabinet indiquant pompeusement que la dernière allocution de la mairesse sera en fait son discours du trône et son dernier legs municipal. Mais plusieurs projets seraient ainsi déjà annoncés, voire mis de l’avant.
Ainsi, pour les quelque 300 derniers jours qui restent à son mandat, la mairesse indique vouloir s’atteler à la construction de logements abordables pour tout à la fois aider les familles les plus démunies et diminuer le taux d’itinérance. Elle parle aussi de la mise en chantier du tramway pour l’Est la rénovation de l’îlot Voyageur, et d’une manière plus générale de la rue Berri et du Quartier latin ; le dossier de la propreté et du ramassage des déchets dans les parcs et les rues ; l’imposition de surveillances policières plus fréquentes de la circulation automobile et du respect du Code la route, notamment concernant la limite de vitesse à 30 km / heure à proximité des écoles (ce qui est non seulement logique mais ce qui, pensait-on également, était en fait déjà appliqué). Toutes ces mesures pleines de bon sens sont pour l’instant réjouissantes, mais il faut cependant noter qu’elles n’ont par ailleurs aucune info substantielle quant à leurs dates de mise en application ou leurs coûts effectifs.
Il est d’autant plus permis de conserver un certain doute prudent alors que par le passé, on a ponctuellement à la Ville fait l’annonce médiatique de supposés projets d’envergure qui sont au final demeurés lettre morte. De même, on peut également se demander pourquoi ne pas les avoir réalisées en huit années de gouvernance, malgré l’urgence de plusieurs de ces dossiers, un statu quo regrettable que nous avons souligné à plusieurs reprises dans nos pages, y compris dans notre édition de janvier 2025. On y parlait entre autres du délabrement commercial et sanitaire du Quartier latin, et en particulier de la rue St-Denis, qui a progressivement perdu son lustre et son cachet familial depuis une décennie. Avec en parallèle une recrudescence de l’itinérance et de la présence de drogues. Or, la responsabilité de tout cela est directement imputable à la Ville de Montréal.
Le prétexte galvaudé de la pandémie ne tient plus la route en 2025, particulièrement quand on peut constater l’efficacité et le dynamisme de la Ville de Québec, qui offre une programmation diversifiée hiver comme été, qui continue d’élaborer une gestion des travaux optimale et intelligente ne paralysant pas la circulation urbaine, tout en accueillant des centaines de milliers de touristes dans ses nombreux jolis quartiers. Or, en comparaison Montréal stagne – et même périclite – depuis beaucoup trop longtemps. Montréal se doit d’innover, mettre de l’avant de grands projets et se sortir du marasme, retrouver son dynamisme d’antan comme c’était le cas lors de l’ère Jean Drapeau, qui avait projeté Montréal, et même d’une manière plus générale le Québec, sur la voie d’un modernisme international, avec le métro, Expo 67, les Jeux olympiques de 1976, etc. La ville était dynamique et l’avant-scène de l’actualité internationale à cette époque, et les touristes du monde entier y affluait par millions.
Certes, les touristes continuent de venir en bon nombre dans notre métropole qui leur offre sécurité, cachet européen et des tarifs encore relativement abordables. Mais en filigrane, la situation est néanmoins loin d’être aussi rose pour les Montréalais. Ceux-ci se désespèrent de pouvoir enfin retomber en amour avec leur ville, autrefois si agréable et fonctionnelle. Pourtant, la métropole montréalaise dispose encore de plusieurs atouts. Outre ses encore nombreux festivals, Montréal a pu également positionner son empreinte technologique en matière de communications, d’Informatique et des jeux vidéo. De même, via sa « Cité de la Santé » et ses nombreuses universités réputées, elle a su asseoir sa réputation en tant que ville du Savoir et de la Santé. Il faut axer sur ces forces-là et les développer de manière exponentielle, en plus du reste.
Le prochain Maire de Montréal ne pourra pas prétexter un manque d’information ou une situation pandémique handicapante. Il est temps que notre ville ressurgisse, qu’elle renaisse à tous les niveaux après plus d’une décennie d’apathie municipale. Les citoyens montréalais en ont plus qu’assez de l’inertie et de l’incompétence, et encore plus des fausses promesses électorales.