Benoît Bellavance, directeur du Centre de Bénévolat de Saint-Hyacinthe.Photo : Nelson Dion

Portrait du bénévolat en Montérégie

Alexandre d’Astous, Journal Mobiles, Saint-Hyacinthe, octobre 2018

Selon un sondage mené par la firme Léger pour le compte du Réseau de l’action bénévole du Québec (RABQ), les bénévoles montérégiens font moins d’accompagnement aux soins de santé que dans l’ensemble du Québec (24 % contre 30 %), mais plus dans les organismes communautaires et culturels.

La directrice du RABQ, Marie-Lyne Fournier, explique que les bénévoles ayant répondu au sondage s’impliquent davantage auprès d’organismes culturels et communautaires en Montérégie alors que, dans d’autres régions, c’est plus auprès des individus, particulièrement en accompagnement aux soins de santé. « Le bénévolat en santé est essentiel. Il remplace, en quelque sorte, l’implication des religieuses avant la Révolution tranquille. Des gens ont besoin d’aide pour faire leurs commissions ou pour se rendre chez les médecins ou à l’hôpital », indique Mme Fournier.

Par contre, la Montérégie est la région administrative du Québec où on retrouve le plus grand nombre de personnes qui font du bénévolat afin de contribuer à leur communauté.

Le pourcentage de personnes l’ayant affirmé est plus élevé en Montérégie (64 %) qu’ailleurs au Québec (55 %). « Ceux qui ne font pas de bénévolat en Montérégie expliquent que c’est par manque de temps. C’est le phénomène de la banlieue. Après le travail et le temps passé dans l’auto pour aller et revenir du travail, c’est vrai qu’on a l’impression de ne plus avoir de temps », précise Mme Fournier, qui dit bien connaître cette situation puisqu’elle habite la région voisine de Lanaudière.

 

Portrait du bénévolat en Montérégie

Le portait du bénévolat en Montérégie démontre notamment que les bénévoles sont plus âgés que dans l’ensemble du Québec, avec 32 % de bénévoles de 65 ans et plus comparativement à 26 % pour le Québec, et seulement 4 % ont entre 18 et 24 ans, tandis qu’à l’échelle provinciale, ils représentent 11 %. Les bénévoles de la Montérégie sont notamment plus instruits, avec 41 % d’universitaires contre 38 %. Aussi, 70 % des bénévoles montérégiens le font pour socialiser, échanger et développer un sentiment d’appartenance à un groupe. Ils donnent en moyenne 10,7 heures de leur temps par semaine.

Au Centre de Bénévolat de St-Hyacinthe, le directeur Benoît Bellavance signale que le bénévolat est vraiment une grande richesse pour la communauté maskoutaine. « Nous avons 650 bénévoles pour nos programmes d’aide aux familles, aux personnes seules et aux aînés. En 2017-2018, nous avons accompli 40 000 heures de bénévolat, ce qui représente une force économique importante. Nous avons notamment livré 41 000 repas avec la popote roulante et servi 35 000 soupes populaires », indique-t-il.

En plus des bénévoles reliés au Centre, plusieurs autres personnes s’impliquent dans des organismes sportifs, conseils d’établissement ou écoles. Selon M. Bellavance, le défi est de rajeunir les bénévoles qui sont surtout des retraités. « Notre moyenne d’âge est de 65 ans. Il faut baisser cela. Nous avons une dame de 80 ans qui vient cinq jours par semaine. Je vais peut-être avoir besoin de cinq personnes pour la remplacer quand elle arrêtera », dit-il.

Ce rapport dévoile les résultats d’un sondage mené auprès de 3 338 Québécois et Québécoises choisis au hasard, dont 2 287 s’impliquent bénévolement