Les Syriens arrivent à Montréal

Anne-Marie Kabongo et Gabriela Jakubovits, Vues sur la Bourgogne, Montréal, décembre 2015

Le premier ministre Justin Trudeau a accueilli à l’aéroport de Toronto les premiers réfugiés syriens arrivés en sol canadien dans la nuit du jeudi 10 décembre au vendredi 11 décembre. Monsieur Trudeau a promis lors des élections d’octobre d’accueillir, d’ici la fin de l’année, 25 000 réfugiés syriens. Finalement, le Canada va accorder l’asile à 10 000 Syriens avant la fin de 2015. Quinze mille autres sont attendus en janvier et février de l’année 2016. Les autorités du gouvernement provincial, dont le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, le maire de Montréal Denis Coderre, se sont également mobilisées pour accueillir les 160 premiers ressortissants syriens le 12 décembre. La plupart ont été parrainés par des individus, des groupes religieux ou communautaires.

De nombreux nouveaux arrivants, notamment ceux parrainés par leurs familles ou par des organismes, s’installeront dans le nord de la ville, dans Ahuntsic, Bordeaux-Cartierville et à Laval. La première vague d’enfants qui commence à arriver sera également intégrée dans des écoles primaires et secondaires de l’arrondissement Ahuntsic. L’accueil et l’intégration initiale des réfugiés parrainés par le gouvernement (environ 700 personnes dans tout le Québec) seront assurés par le Centre social d’aide aux immigrants (CSAI), organisme situé dans le Sud-Ouest. Cet organisme reçoit des offres de bénévolat et continue à accepter l’aide de toutes sortes : interprètes, camionnettes pour aider à déplacer les nouveaux  arrivants, etc.

 

Dans le Sud-Ouest

 

Il est fort possible que les enfants de la deuxième vague de nouveaux arrivants soient scolarisés à l’école Honoré-Mercier, située dans le quartier Côte St-Paul. Si c’est le cas, le CSAI met l’accent sur l’importance de trouver des logements pour ces familles dans le Sud-Ouest. Faire voyager les enfants entre le nord de la ville et Côte St-Paul n’est simplement pas envisageable. D’ailleurs, il y a peu de chances qu’on puisse accueillir ces nouveaux arrivants dans des logements de la Petite-Bourgogne ; on y trouve peu d’appartements à louer dans le secteur privé. Les nouveaux arrivants ne pourront pas accéder à des logements sociaux de l’Office Municipal d’habitation de Montréal (OMHM) puisqu’il faut avoir résidé à Montréal durant les 12 derniers mois avant de faire une demande de logement social. Par contre, les organismes du quartier pourront participer à l’intégration des nouveaux résidents par leurs activités variées. Des organismes locaux, comme Amitié Soleil (sur la rue Chatham), reçoivent déjà de nombreuses familles nouvellement arrivées à Montréal et provenant des quatre coins du monde.

 

Fuir la guerre

 

Ces hommes, ces femmes et leurs enfants fuient la guerre en Syrie. Ceux qui arrivent au Canada proviennent des camps de réfugiés en Jordanie et au Liban. Dans les derniers mois, avec les attentats de Paris du 13 novembre, on entendait des voix pour un renforcement de la sécurité lors de la sélection des personnes qui doivent se rendre au Canada ; la crainte que des terroristes se glissent parmi les gens qui fuient la guerre en Syrie était perceptible. Le gouvernement fédéral a donné des garanties. Les Canadiens se mobilisent pour faire des dons pour accueillir les familles et témoigner de la solidarité du peuple canadien pour les réfugiés. Pour la Petite-Bourgogne, un quartier multiethnique, les gens qui veulent aider peuvent appeler la ligne Info-aide réfugiés :(514) 527-6951 ou rejoindre le CSAI au (514) 932-2953.

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