Cuisine collective et environnement

Marie-Andrée Payette, Le p’tit journal de Woburn, mars-avril 2015

Dans un peu plus d’un mois, ce sera le Jour de la Terre. Une journée importante et significative pour un grand nombre de personnes. Vous savez qu’un beau projet a pris son envol depuis quelques mois. Une cuisine collective. Cuisiner ensemble apporte beaucoup aux gens qui participent, mais aussi à notre belle planète. Je vous en parle un peu plus bas.

D’abord, voici la petite histoire des cuisines collectives et leur ampleur. Au Québec, en 1982, dans un quartier assez défavorisé de Montréal, trois femmes ont décidé de mettre leurs idées, leur argent et leur temps pour planifier et cuisiner ensemble des plats nutritifs et économiques. L’idée fait du chemin. En 1990, plus d’une centaine de groupes existaient déjà et naissait le Regroupement des cuisines collectives du Québec (www.rccq.org). Aujourd’hui, environ 37 000 personnes participent aux cuisines collectives et bénéficient de cette activité communautaire.

Que de chemin parcouru et d’adeptes recrutés en quelques années! Cela indique clairement un besoin. La cuisine collective s’adresse à tout le monde. Jeunes, moins jeunes, célibataires, monoparentales, parents débordés, hommes, femmes, personnes seules ou en couple… Tout le monde est bienvenu. Ça permet de sortir de la maison, de faire de belles rencontres, d’avoir ou de reprendre confiance en soi, d’apprendre et de partager ses connaissances, sans parler des économies à réaliser et du plaisir de repartir à la maison avec de bons petits plats.

 

Cuisine collective = écolo

 

Voyons maintenant la dimension écologique des cuisines collectives. Il n’y a pas de gaspillage alimentaire dans une cuisine collective. Au Québec, chaque personne jette l’équivalent de 771 $ en nourriture par année. Une somme énorme! En plus de ce gaspillage, il y a la pollution puisque tous ces déchets produisent du CO2. Ce qui n’est pas vraiment bon pour l’environnement!

À la cuisine collective, les menus sont planifiés et les achats faits en conséquence. Lorsque tous les plats sont cuisinés, il reste toujours des légumes. Pas de gaspillage, on cuisine une soupe. Rien ne se perd, tout se transforme. Un autre avantage est l’économie d’énergie. Imaginons cinq personnes cuisiner une sauce à spaghetti chacune chez elle. Il faut environ trois heures de cuisson, ce qui équivaut à quinze heures d’utilisation de l’électricité. Si ces cinq personnes se regroupent pour cuisiner, cela sera beaucoup plus rapide et économique au niveau énergétique : un gros chaudron et seulement trois heures d’électricité feront l’affaire.

Même chose pour l’utilisation du four. Cuire un poulet pour quatre personnes ou cuire quatre poulets pour seize personnes, prend le même temps de cuisson. Sauf qu’on utilise un four et non quatre. Résultat, beaucoup moins d’énergie utilisée et un gain pour la planète.

Aussi écologique la cuisine collective parce qu’on planifie les plats selon les saisons. Ainsi on favorise l’achat de produits locaux québécois. En cette belle saison froide, à part les pommes, carottes, navets et autres légumes racines, les produits frais parcourent énormément de kilomètres pour se rendre jusque dans nos assiettes. Ce transport génère beaucoup de pollution.

Ce qu’on essaie d’éviter en utilisant les légumes d’hiver québécois. Ils sont parfaits pour toute sorte de mijotés et de soupes. Colorés et remplis de vitamines, ils sont savoureux et bons pour la santé.
 

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