Le métier d’antiquaire : Préserver les traces du passé

Isabelle Neveu, Le Journal des citoyens, Prévost, décembre 2014

Antiquaire depuis 25 ans, Georges Dussault est constamment à la recherche d’objets inusités et porteurs d’histoire. Ces traces du passé s’entassent dans sa boutique à Piedmont, où une odeur familière rappelle celle d’un vieux livre qui a traversé le temps. Passionné par l’histoire, il se dévoue à un métier à contre-courant. Alors que la société regarde de moins en moins vers le passé et se concentre davantage sur le futur, Georges Dussault contribue à la préservation du patrimoine canadien-français.

Dès son jeune âge, Georges Dussault est animé par une curiosité naturelle. Enfant, il adore passer des journées entières dans le garage de son grand-père à la recherche d’un trésor. Avant de devenir antiquaire, il est déjà collectionneur et visite régulièrement les galeries d’art, les marchés aux puces et les ventes de garage en compagnie de sa conjointe. «C’est ma passion pour l’histoire qui m’a amené à pratiquer ce métier », confie Georges Dussault. Ses yeux s’illuminent et apaisent les traits de son visage, lorsqu’il précise que cette passion l’anime encore aujourd’hui.

Dans sa boutique Antiquité la maison bleue, dans les Laurentides, Georges Dussault encourage ses clients à chercher des traces de leur passé, de leur histoire et de leur patrimoine familial, afin de les mettre en valeur dans leurs décors.

 

Un métier de découvertes

 

Le métier d’antiquaire consiste à faire l’acquisition, la restauration ainsi que la revente d’antiquités. Rappelons, qu’au début XVIe siècle, le mot antiquaire avait un sens que l’on attribut maintenant à l’archéologue. C’est uniquement vers la fin du XIXe siècle que l’on a attribué à ce mot le sens que l’on utilise aujourd’hui. « Ce qui est le fun dans ce métier, c’est d’acheter », reconnaît Georges Dussault. Un sourire sincère se dessine sur son visage, lorsqu’il révèle le plaisir qu’il prend à chercher des artéfacts.

Généralement, il trouve ses antiquités dans des maisons privées. Il les achète à des personnes âgées qui emménagent en résidence ainsi qu’à des gens en processus de divorce ou de déménagement. Pour l’antiquaire, le moment de l’achat est également une opportunité de questionner les gens avec qui il fait affaire, afin de connaître l’histoire derrière l’objet qu’il désire se procurer.

La restauration constitue également une tâche importante du métier d’antiquaire. « Tout ce qu’il y a dans le magasin, je l’ai restauré », affirme Georges Dussault. De ses mains massives forgées par le métier, il lave, il répare, il décape et il cire chacun des objets anciens, afin de les remettre en bonne condition pour qu’ils puissent retrouver leur utilité d’origine.

 

Une nouvelle clientèle

 

« Il y a 10 ans, les gens collectionnaient et savaient ce qu’ils voulaient. Aujourd’hui, ils cherchent des coups de cœur sans réellement connaître la valeur d’une antiquité », souligne l’antiquaire. Georges Dussault remarque que les connaissances à ce sujet ne se sont pas transmisses à la nouvelle génération. Il rappelle qu’acheter une antiquité n’est pas une dépense, mais bien un placement.

« Plus un meuble est conservé longtemps, plus il prend de la valeur », précise-t-il. Pour apprécier pleinement ce que vend l’antiquaire, il faut maîtriser certaines connaissances historiques. Mais, Georges Dussault déplore le fait que l’histoire est trop souvent mal connue aujourd’hui et que cela affecte le domaine de l’antiquité. Selon lui, avant l’arrivée d’internet, les gens étaient beaucoup plus intéressés à sauvegarder le patrimoine. «Le danger c’est qu’on perde notre histoire», renchérit-il.

 

L’impact d’internet

 

Le marché de l’antiquité a beaucoup diminué depuis l’avènement du web. Maintenant, tout le monde peut vendre et acheter des antiquités, grâce à des sites internet comme Kijiji.ca, LesPac.com et eBay.ca. Il n’est plus nécessaire de passer par l’intermédiaire d’un antiquaire.

Malgré la baisse de clientèle, Georges Dussault croit en l’avenir de son métier, puisque les jeunes qui visitent sa boutique sont intrigués par ces objets, qui datent d’une époque bien différente de la leur. «Les antiquités survivent au temps. Contrairement à nous, ils ne meurent pas », rappelle l’antiquaire.

 

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