« La musique en moi! »

Alain Martineau,
Journaldesvoisins.com,
Montréal, décembre 2014

Décembre est un moment privilégié pour l’écoute de la musique, dont les incontournables chants de Noël. Des artistes ont déjà commencé à égayer nos après-midi et soirées depuis le début du mois de décembre pour nous mettre dans l’ambiance du temps des fêtes. Ahuntsic regorge d’artistes aux talents multiples qui seront de la partie. Nous avons rencontré deux d’entre elles qui adorent aussi le quartier où elles habitent.

Elle habite le nord de la ville depuis plus de 12 ans. Dominica Merola a une voix grave qui se marie fort bien au son du piano. Cette chanteuse et cette femme ricaneuse toujours en verve, qui lancera un troisième opus dans quelques semaines, est passée par la prestigieuse école de musique Vincent-d’Indy. « J’aurais pu aussi faire de l’opéra», nous confie l’artiste à la grande voix, attablée dans un café de la Promenade Fleury. « Pour moi, les grandes mélodies, c’est important. Quand quelqu’un fait du classique, on exige beaucoup de rigueur », nous signale l’artiste qui a une affection pour les airs italiens avec ses grandes envolées.

 

Chansons françaises

 

Mais, Dominica, née d’une mère francophone, comédienne, et d’un père d’origine italienne, artiste peintre, n’oublie pas la langue de chez nous. « Après plusieurs essais, j’étais finalement contente du résultat en français », dit-elle faisant référence aux titres sélectionnés, des chansons originales dans trois langues, dont le français. « Avec mon équipe, on a finalement trouvé le ton juste pour les interprétations en français, en fonction des sonorités méditerranéennes.

On sait que pour des rythmes de tango, ça coule de source avec l’italien et l’espagnol », nous mentionnera celle qui a interprété Le petit bonheur de Félix Leclerc en version italienne, sur Appassionata, son deuxième album. Dominica compose la musique, mais elle fait aussi un travail de coécriture, notamment avec Marc Chabot et Nelson Minville.

 

Influences d’Ahuntsic

 

Oui, Ahuntsic inspire celle qui est pourtant originaire du Plateau Mont-Royal. La famille a un jour décidé de monter vers le nord pour aller se greffer à la résidence du grand-père de Dominica sur la rue Sauriol. « J’apprécie beaucoup cette synthèse ville-campagne ici, et j’adore faire du vélo et de longues marches, notamment sur la rue Fleury » nous dit l’artiste, qui, d’ailleurs, s’est produit récemment au Rendez-vous du thé, sympathique boîte à chansons de la Promenade.

« Je peux ainsi tester mes nouvelles pièces, de confier Dominica, c’est un véritable labo. En plus, on est toujours en interaction avec les gens qui sont si près. » Elle apprécie son expérience au Rendez-vous : « C’est un endroit phare pour présenter les nouvelles pièces. On a le respect de l’artiste.

Les gens prennent le repas d’abord et le spectacle suit. C’est donc le silence pour écouter, comme dans une salle de concert », a-t-elle ajouté. Elle y a justement testé son nouveau spectacle Bohémienne de cœur avant de partir en tournée. Mais avant de retourner encore en Europe, elle fera divers spectacles au Québec, dont un, le 14 décembre à 15 h, au Centre Leonardo da Vinci, dans Saint-Léonard.

 

Piano et judo!

 

Sandrine Dussart est une autre artiste qui fait honneur à Ahuntsic. Elle affectionne également le piano. Habitant la partie ouest du quartier, Sandrine consacre maintenant sa vie à la musique. Très tôt, à l’âge de 4 ans et demi, elle commence à jouer du piano, mais en même temps le judo prendra une place tout aussi importante dans sa vie. « Ce sont deux passions.

Il faut dans chaque cas beaucoup de concentration. On se retrouve dans un état d’esprit qui nous transporte », nous dira-t-elle.

 

Jouer pour la musique

 

Sandrine Dussart est aussi passée par notre célèbre école de musique montréalaise. Elle fut lauréate de Vincent-d’Indy avec la mention « Très grande distinction». Mais parallèlement au piano, elle s’est aussi intéressée au cinéma documentaire. Elle y a travaillé pendant une douzaine d’années. Elle a fait de belles incursions en Afrique, en Europe, à Hawaï. Elle a aussi oeuvré pendant quatre ans au sein d’un groupe communautaire de Bordeaux-Cartierville. Maintenant, celle qui joue du classique et de la pop a aussi le temps d’enseigner le piano aux plus jeunes. « J’adore transmettre des connaissances aux enfants. Ça me garde jeune ». De plus, elle chante au sein d’une chorale et donne des concerts, dont un récemment aux Jardins Millen. « J’aime varier les lieux, le répertoire… La musique fait du bien. Les gens sont heureux après une prestation », dira-t-elle, philosophiquement.

 

Priorité : Ahuntsic

 

Son travail en cinéma lui a donné l’occasion de toucher à divers continents. Elle dit pouvoir vivre n’importe où, mais son port d’attache est au Québec, dans Ahuntsic. « Je pense que c’est parce que j’ai grandi ici. J’y suis arrivée à l’âge de neuf ans. Puisque musique et cinéma ne riment pas avec sécurité, le quartier me sécurise. Quand je reviens de l’étranger, en survolant Ahuntsic, on peut entre autres distinguer l’église Saint-André-Apôtre, où j’ai fait tant d’activités communautaires étant petite. J’ai donc un attachement très fort », souligne la musicienne.

 

Inspirée au Café

 

Sandrine se fait un point d’honneur de se rendre régulièrement dans son petit café préféré de la rue Fleury Ouest où elle compose. Elle aimerait d’ailleurs offrir ses compositions à une artiste québécoise comme Isabelle Boulay. Sandrine Dussart a aussi d’autres défis. Elle veut faire un baccalauréat en interprétation du piano afin, dit-elle, de pousser plus loin la machine.

Pour décembre, elle a, à son menu, cinq concerts, notamment comme choriste soprano au sein de l’Ensemble vocal Épiphanie. C’est avec ce groupe qu’elle a chanté récemment avec la soprano Marie-Josée Lord, sur l’album Amazing Grace. Sandrine est aussi pianiste bénévole à l’église Saint-André Apôtre depuis 25 ans. C’est d’ailleurs à cet endroit qu’elle donnera un concert avec le ténor Frédéric Kuku, le dimanche 21 décembre, à 14 h 30.

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