Retour à la terre avec l’École-ferme des Basques

Marjolaine Jolicoeur, L’Horizon, MRC des Basques, août 2013

Gaétan Belzile est un homme de conviction. Il a une vision d’une l’agriculture à taille humaine, centrée sur le respect de la nature et des animaux. En tant que coordonnateur depuis un an et demi de l’École-ferme des Basques, il veut redonner le goût de la terre et aider les personnes qui en ont le plus besoin.

L’École-ferme est un organisme à but non lucratif fonctionnant durant toute l’année. De jeunes adultes peuvent y travailler tout en étant rémunéré. Des personnes plus âgées, de tous horizons, viennent aussi y acquérir une expérience de travail diversifié. « Leur permettre d’acquérir le plus d’autonomie possible, voilà un de nos objectifs », mentionne le coordonnateur dont les partenaires sont, entre autres, la Table chantier pauvreté, Emploi-Québec, la Commission scolaire du Fleuve-et-des-Lacs et la Maison familiale rurale de Saint-Clément.

« Cultiver son lopin de terre, si petit soit-il, est un acte politique, c’est un acte de résistance » (Pierre Rabhi)

Un autre objectif de l’École-ferme est l’autosuffisance alimentaire. Cette année, on récoltera choux, fèves, navets, brocolis, radis et betteraves, pour être vendus chez Coop-Provigo, Métro-GP ainsi qu’à la Cantine D’Amours et aux Cuisines collectives de Trois-Pistoles et de Saint-Clément.

« On a oublié comment réaliser des jardins, pourtant cela nous donne accès à des légumes de qualité et à une certaine forme d’autonomie », dit Gaétan Belzile qui a lui-même cultivé de la salade en serre pendant près d’une quinzaine d’années. Se disant indigné par le sort réservé à nos terres agricoles, il déplore l’abandon, depuis les quarante dernières années, d’une agriculture de proximité. « Ici dans mon rang, il y a déjà eu 19 fermes laitières et maintenant il n’en reste plus qu’une seule.» Il croit qu’il est plus qu’urgent d’encourager le maintien et le développement de fermes familiales, de soutenir l’économie locale.

 

Traction chevaline
 

À la Ferme-école, les activités agricoles incluent aussi des animaux : une vache de race canadienne ayant toujours ses cornes, des poules et des chevaux. On se sert de percherons pour labourer, herser, semer, ramasser le foin ou travailler dans le bois. Ces chevaux grands et puissants à la robe noire sont dociles et faciles à manœuvrer, selon Gaétan Belzile. « De vrais toutous, mais il faut les apprivoiser avec douceur et les dresser très jeunes pour le travail ».

En Europe et aux États-Unis, la traction chevaline connaît un regain d’intérêt dans l’exploitation des petites fermes, des vignobles ou en forêt. Le cheval compacte moins le sol, apporte de la fertilisation pour le fumier, peut labourer un arpent par jour et ne consomme pas de pétrole !

À l’École-ferme, il est aussi possible d’apprendre la menuiserie en construisant des condos à poules et marteler du fer pour réaliser, par exemple, des garages à vélo. Ces objets en bois et en fer forgé sont par la suite vendus afin d’amasser des fonds pour ce projet à la fois social et écologique.

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