Le P’tit Atelier du Tour de l’île

Manon Veilleux, Autour de l’île, L’île d’Orléans

Vous aimez les belles histoires du genre de celles qui débutent quelque part dans un pays lointain (la Pologne), qui continuent dans une petite municipalité des Basses-Laurentides (Rosemère) et qui, quelques naissances plus tard, ajoutent un autre chapitre à leur odyssée en s’installant chez nous dans le beau village de Saint-Laurent-de-l’ île d’Orléans?

 

En voici Une!

Andreï Wyszinski est né chez nous, au Québec, comme son père, sculpteur et peintre aquarelliste passionné. Ses origines polonaises, il les doit à son grand-père paternel arrivé de Gandz par bateau en 1898. Du côté de sa mère québécoise, Tremblay par son père originaire du Saguenay, il a hérité de la langue de chez-nous et de la passion pour le patrimoine et le bois.

Quoique possédant très jeune un diplôme de technicien en génie civil ajouté à une formation de gestionnaire, Andreï  ressentait au fond de lui-même qu’il lui restait encore un vide à combler. Pour satisfaire  ce manque, il s’inscrit au cégep de Victoriaville, campus de Montréal, et en ressort avec un diplôme d’artisan ébéniste-concepteur. En juillet 2009, un appel au large se fait sentir, près du fleuve aux grandes eaux, lors d’un de ses nombreux passages à Saint-Laurent-de-l’ île d’Orléans. À cela s’ajoute un appel aux sources et du sang, soit celui de son père et de son grand-père maternel, et de l’odeur du bois. Tous les éléments étaient à présent réunis pour la naissance du «P’tit atelier du Tour de l’île».

 

La voie venait d’être tracée

La volonté, le talent, l’intelligence, la créativité, l’imagination, le souci du travail bien fait, le sens de  l’organisation, l’amour du métier et surtout, l’inspiration née d’un environnement enchanteur (l’île d’Orléans) feraient le reste pour lui, sa famille et ceux d’entre nous qui bénéficient aujourd’hui de sa présence parmi nous.

Andreï s’inspire beaucoup de son environnement pour concevoir ses œuvres qu’il expose fièrement dans son «P’tit atelier du Tour de l’île» en donnant à certaines d’entre elles le nom d’un village de l’île. Une façon personnelle de signifier son amour, son attachement, son appartenance et aussi sa reconnaissance pour cette île.

Ainsi naît la collection Orléans, constituée de six meubles. Tout d’abord, le Saint-Pierre, un meuble ouvert pour téléviseur et tous ses accessoires et console de jeux, car il représente le village de la jeune famille et celui qui est le plus près de la vie urbaine. Ensuite, le Saint-Laurent, une table basse et allongée, faisant référence à une chaloupe basse et élancée. Le Sainte-Pétronille est une table console plus haute et étroite afin de représenter un village plus champêtre et étroit comme la pointe de l’île. Le Saint-Jean, quant à lui, est un meuble d’ordinateur puisqu’il s’agit du lieu de naissance de plusieurs pilotes et rappelle le fait que les bateaux sont très informatisés.

Finalement, les deux villages de Saint-famille et Saint-François sont jumelés, comme c’est souvent le cas, pour former un pupitre et son bac, cas Sainte-Famille n’est-il pas le village qui accueillit la première école de l’île?

Toutes ses réalisations sont fabriquées de bois nobles tels que l’acajou, le cerisier, l’érable, le merisier, le noyer, etc. Andreï insère a ces bois des couleurs grâce a lamarante mauve ou au paul amarillo jaune (Amérique centrale et du Sud), au padouk orange (Afrique tropicale) et au zebrawood (Afrique), le tout associé au fer forgé.

En effet, dès que le matériel nécessaire  à la création de ses œuvres se trouve sur l’ile, il se fait le devoir de le prendre ici. C’est pourquoi, depuis plus d’un an, il s’est associe avec M. André Chabot, forgeron de grand talent habitant a Saint-Laurent depuis toujours, afin de créer et d’ajouter une touche additionnelle artisanale esthétique qui allie merveilleusement bien le fer forge au bois.

En complément de la création de ses meubles et par souci écologique, M.Wyszinski voit à ce que tout le bois  soit utilisé afin qu’il n’y ait aucune perte. Ainsi, avec les plus petits morceaux de bois, il confectionne des cadeaux corporatifs tels : porte-plume, encrier, tablette à écrire en cerisier et amarante avec calculatrice. Il confectionne aussi des objets utiles et des accessoires allant de la planche à pain à la planche à découper les légumes et a des bracelets, etc. Finalement, même les copeaux du bois scie sont utilisés par les céramistes Raku, Carole Fontaine et Vincent Negrin, de Saint-François, pour alimenter le four à bois servant à la création d’œuvres en céramique.

Je m’en voudrais de terminer sans mentionner une pièce d’une très grande originalité dont Andreï est très fier. Il s’agit d’une balançoire en cèdre rouge de l’Ouest (bois qui ne pourrit pas), pièce unique qui gagnerait à être exposée tant pour la qualité du matériel utilise (vernis et câbles marins) que pour son design inhabituel. 

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