Une aventure spirituelle

Gilles Gagné, Graffici, Gaspésie, avril 2012

Depuis 2006, un petit groupe de bénévoles s'emploie à faire croître en taille et en beauté le Pèlerinage Terre et Mer Gaspésie – Les Îles, un périple de sept jours à travers les routes de la péninsule ou de l'archipel madelinot. Micheline LeBlanc, de Carleton, a participé à l'organisation de tous les pèlerinages depuis le début et son enthousiasme ne faiblit pas.

L’idée a germé dans la tête de Patricia Leblanc et de Raymonde Arsenault, se souvient Mme LeBlanc, présentement engagée dans le septième pèlerinage qui aura lieu du 1er au 7 juillet, entre Saint-Alphonse et Newport. « Patricia Leblanc et Raymonde Arsenault montaient le mont Saint-Joseph. En 2005, Compostelle était sur les lèvres de tout le monde et elles ont dit : « On devrait faire notre petit Compostelle en Gaspésie. C'était lancé », raconte Micheline LeBlanc.

Retraitée des postes, elle a peine à situer dans le temps le début de son engagement social. Elle assure toutefois qu'avoir eu deux grands· pères bedeaux et un père qui a grandi près de l'église de Carleton y ont contribué. En 1995, elle a publié un livre, Un sommet de la foi à Carleton, relatant l'histoire du mont Saint-Joseph en tant que lieu de culte. Puis, au fil des ans, elle a voulu consacrer plus de temps pour elle, gardant son engagement pour le pèlerinage.

Les premiers pèlerinages ont d'abord réuni des petits groupes de Gaspésiens et de Madelinots. « Il y avait 12 participants au début. On dépasse les 100 maintenant. Aux Îles, on a eu 165 personnes », précise-t-elle.

Des gens de Québec, de Montréal et de l'Outaouais sont maintenant des participants assidus. À mesure que l'événement a grandi, ses organisateurs se sont donné des outils pour mieux accueillir les participants, comme un site Internet. Pour la paperasse et la comptabilité, ils reçoivent un solide coup de pouce du diocèse de Gaspé, où travaille Patricia Leblanc.

« On a aussi produit un Guide du pèlerin, en collaboration avec la Conférence régionale des élus, (l'ex-ministre) Nathalie Normandeau et le diocèse », note Micheline LeBlanc à propos du solide manuel de 250 pages. Si l'aspect religieux du pèlerinage est suggéré çà et là dans le déroulement de la semaine de marche, les organisateurs n'en font pas un passage obligatoire. « Ce n'est pas un pèlerinage religieux. C'est spirituel », dit Georgette Arseneau, de Saint-Omer, une organisatrice de l'événement.

« Quand tu marches, tu marches un peu en-dedans de toi (…) C'est une aventure spirituelle, avec nous-mêmes, avec les autres. Chaque matin, une pensée anime le début de la marche. Il y a une chanson thème. L’église est le point de mire de nos étapes. Quand nous passons dans un village, les cloches sonnent. Des gens viennent nous voir et marchent souvent avec nous. Il y a un gros partage avec les gens vivant dans les paroisses où l'on passe. Les églises des autres dénominations, comme les églises anglicanes, soulignent aussi notre passage », raconte Mme LeBlanc.
 

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