Hugo Tremblay et Réjean Descôteaux de la société Ambulance du Bas Saint-François Inc. Photo : François Beaudreau

Le secteur ambulancier ébranlé

François Beaudreau, L’annonceur, Pierreville, le 4 mai 2017

Le nouveau contrat de services dans le secteur ambulancier imposé par le gouvernement du Québec va affecter la prestation des services en plus d’affliger davantage les régions, s’inquiète-t-on à la Corporation des services d’ambulance du Québec, un organisme à but non lucratif regroupant près de 90% des entreprises ambulancières.

La société Ambulance du Bas Saint-François Inc., propriété de Réjean Descôteaux, fait partie de la Corporation. Il estime que des régions comme la nôtre sont frappées de plein fouet par l’imposition d’un décret par le gouvernement.

«Il n’y a eu aucune négociation avec la Corporation qui nous représente. Le gouvernement a toujours refusé de coopérer. Ce n’est plus un contrat de travail. Ça devient une décision imposée», affirme M. Descôteaux.

Il est également préoccupé par le tort causé aux entrepreneurs en région. « Le décret impose d’importantes compressions budgétaires d’un territoire à l’autre. Elles sont de l’ordre de 40 millions de dollars par année. Ce manque à gagner vient réduire nos marges de manœuvre pour négocier nos prochaines conventions collectives », précise-t-il, rappelant que la compagnie qu’il possède embauche douze employés.

« Ça m’inquiète tout autant pour la population. Avec l’éloignement des centres hospitaliers, les ambulances représentent un service tellement essentiel pour les régions. Nous avons l’impression d’être laissés pour compte. Le gouvernement traite les patients en région comme des citoyens de deuxième ordre », ajoute Réjean Descôteaux.

 

Les régions fragilisées

« Pour des motivations qui demeurent obscures et inexplicables, le ministre vient fragiliser les services offerts en région en tentant de chambouler un écosystème qui sert adéquatement les patients partout sur le territoire», affirme de son côté Denis Perrault, directeur général de la Corporation des services d’ambulance du Québec.

Il dénonce le contrat, imposé par décret gouvernemental, le 19 avril dernier, en soulignant entre autres que l’État québécois exerce un contrôle contractuel excessif envers des entreprises privées indépendantes. «Nous nous battrons pour favoriser un meilleur accès aux soins pour les patients en région et une meilleure protection de la population qui n’habite pas dans les grands centres urbains.

Nous nous battrons afin que nos paramédics obtiennent les mêmes conditions de travail que ceux des grands centres urbains. Nous nous battrons pour la survie de PME (souvent familiales) qui participent à l’essor économique des régions », conclut M. Perrault.