Photo : Philipe Rachiele

Dans les parcs… Les bernaches posent problème

Isabelle Neveu, Journaldesvoisns.com, Montréal, le 2 septembre 2016

La population de bernaches du Canada augmente dans le sud du Québec et Ahuntsic-Cartierville n’y échappe pas. Durant la période estivale, ces oiseaux sont nombreux à occuper les terrains de certains parcs situés en bordure de la rivière des Prairies. Piétons et cyclistes doivent alors cohabiter avec ces oiseaux imposants, qui laissent derrière eux une grande quantité d’excréments.

Le citoyen Sébastien Rivest a fait part de la problématique à journaldesvoisins.com. Il dit avoir constaté les dégâts laissés par les bernaches, soit des excréments partout sur le gazon, au parc de la Merci, sur le terrain de l’école Sophie-Barat ainsi qu’au parc-nature de l’Île-de-la-Visitation. « Ça ne donne pas envie de pique-niquer sur la pelouse ou de laisser courir les enfants », a-t-il mentionné.

L’arrondissement Ahuntsic-Cartierville est conscient de la situation. « Nous avons reçu quelques requêtes de citoyens portant principalement sur le problème de fientes », a souligné Michèle Blais, chargée de communication de l’arrondissement. Elle note toutefois que, même si certains citoyens n’apprécient pas la présence des bernaches, d’autres trouvent agréable cette cohabitation. La présence de ces oiseaux a également été remarquée au parc Nicolas-Viel.

 

Origine du problème

Environnement et Changement climatique Canada indique, sur son site Web, que les populations de bernaches ont bel et bien « augmenté de façon spectaculaire » dans les dernières années. Cette croissance est « attribuable aux changements apportés par l’humain au paysage naturel qui ont créé des milieux recherchés par les bernaches », notamment des zones herbeuses situées à proximité d’un plan d’eau, par exemple un parc où l’herbe est gardée courte.

« C’est pour cette raison que les parcs situés en bordure de la rivière des Prairies sont prisés par les bernaches, d’autant plus que de nombreux citoyens les nourrissent, a expliqué Michèle Blais. Ainsi, trouvant un environnement approprié et de la nourriture, cet oiseau migrateur revient d’année en année. »

 

Actions entreprises

Préoccupé par le problème, l’arrondissement a fait installer des affiches interdisant de nourrir les animaux sauvages. « Plusieurs articles ont également été publiés, afin de sensibiliser les résidants à cette problématique », a affirmé la chargée de communication.

Dans l’édition estivale du bulletin de l’arrondissement, on rappelle l’importance de ne pas nourrir les bernaches dans un parc en bordure d’un cours d’eau, car cela « attire une concentration anormale et régulière d’oiseaux et peut occasionner une dégradation de l’habitat par le piétinement et le broutage, sans oublier les fientes. » Chacun de ces oiseaux évacue jusqu’à 0,9 kg (2 lb) d’excréments par jour.

La bernache du Canada est une espèce protégée. « Aucun oiseau migrateur ni ses œufs ou ses nids ne peuvent être blessés ou perturbés sans permis, il est donc difficile d’intervenir, a ajouté Michèle Blais. Mais, le réaménagement des berges, par exemple au parc Raimbault, qui prévoit la plantation d’une végétation appropriée, c’est-à-dire des herbes hautes, devrait à long terme régler le problème. »

Rappelons qu’une piste cyclable longe la rivière des Prairies et passe notamment à travers le parc de la Merci et le parc Nicolas-Viel. La cohabitation des cyclistes avec ces oiseaux, qui s’adaptent très bien à la présence de l’homme, peut être problématique, voire dangereuse. Toutefois, la chargée de communication de l’arrondissement a assuré qu’aucun accident n’a été porté à leur connaissance jusqu’à présent.