Jean-Sébastien Dutil, photographe, vidéaste de documentaires et musicien à ses heures, vous charmera en vous transportant dans son univers

Denise Tremblay, regards, Ascot

Il est né à Sherbrooke; son père s’appelle Jean-Luc Dutil et sa mère Chantal Roy. Malgré son jeune âge, il a un parcours de vie déjà très rempli. Il a fait ses études à Sherbrooke; il joue de la guitare et du piano. À l’âge de 18 ans, il travailla au Camping de Compton ce qui influencera son choix de carrière. Il occupa le poste de gérant durant un an, en plus de faire une session en Techniques de gestion hôtelière, mais cela n’aura pas de suite.

En 2016, un déclic lui fait prendre conscience que ce sont les projets de vidéaste qui captent son attention et qui le dirigeront vers le monde inconnu des personnes handicapées. « Je lui ai demandé pourquoi ce monde si complexe?

_ Parce qu’avec mes documentaires, je peux amener les personnes à réfléchir par l’intermédiaire de ma lentille de caméra. Je permets aux gens de raconter leur histoire et de voir une autre dimension que celle qu’ils perçoivent. À l’âge de 21 ans, je me suis acheté un campeur avec trois de mes amis pour partir à l’aventure en Colombie-Britannique. J’avais le vent dans les voiles. Ayant toujours le goût du voyage, je suis allé en Europe de l’Ouest où j’ai visité 7 à 8 pays comme l’Irlande, l’Italie, l’Allemagne, etc.

̶  Parlez-moi de votre ami Patrice Lamarche?

̶  Patrice est en fauteuil roulant suite à un accident à l’âge de 24 ans. Lorsque j’ai connu Patrice, je faisais ses commissions afin de répondre à ses besoins. En 2016, nous sommes partis tous les deux en voyage, moi avec ma caméra sur l’épaule et Patrice avec son bagage intellectuel et son dynamisme, pour faire un documentaire. Nous voulions rapporter des photos et vivre une expérience près de nos valeurs. Patrice fait partie du comité du Centre de réadaptation St-Vincent. Ce n’est pas parce qu’il est en fauteuil roulant que tout est fini, bien au contraire!

̶  Quelles sont les qualités pour devenir un bon vidéaste, photographe?

̶ Le souci du détail, la curiosité, la patience et surtout la passion, sans oublier le fait d’aimer travailler en équipe et d’être capable de confier des tâches tout en faisant confiance.

̶  Lors de vos multiples voyages, il y en a un qui vous a plus marqué que les autres, expliquez-moi?

̶  En Irlande, moi et un ami voyageur dormions dans l’auto, tous les soirs. Un jour, on a décidé de cogner chez des gens, pour leur demander de prendre une douche. Après une dizaine de « non » à notre grande surprise, en frappant à une porte, c’est une dame de 90 ans qui nous a ouvert et nous a accueilli chez elle en acceptant de nous laisser prendre une douche et une bonne bouffe. Nous avons discuté avec cette femme durant 3 h et je suis toujours en contact avec elle. Elle a eu confiance en nous malgré notre apparence qui laissait à désirer.

̶  Parlez-moi de vos projets?

̶ En 2016, je suis retourné aux études pour terminer mon DEC en sciences humaines. En mai, je vais partir pour le Vietnam faire un stage terrain. Présentement, on peut voir à la télévision : Portraits Un regard ainsi qu’une série documentaire de 4 épisodes sur la restauration végétalienne à Sherbrooke, qui est diffusée sur Bell Fibe TV1.

̶  Vous avez un rêve?

̶  Accumuler les photos de mes expositions ainsi que de mes voyages pour en faire un livre de poèmes et de photos. J’espère continuer longtemps ce que j’aime, tout en approfondissant mes connaissances. Mes documentaires ont des liens avec l’environnement, l’humanité, car tout cela me rejoint. J’ai fait des vidéoclips pour un artiste de la région de Sherbrooke, Ludwig Ortiz Gagné et de Bromont, Ève-Marie Roy. Présentement, je fais un documentaire sur la cour de l’École Larocque, un projet pour les jeunes, auquel j’ai été approché par des parents et c’est ma contribution environnementale. »